Dans un hôtel de campagne, un jeune homme d'une vingtaine d'années faisait les cent pas dans sa chambre. Il avait mené cette bataille, comme il l'avait toujours fait, avec calme et sérénité. Mais, dans cette affaire, il était loin d'avoir quelques coups d'avance, comme à l'accoutumé. En réalité, il était plutôt paumé.
En amour, les règles sont quasiment inutiles. Si je ne peux pas la comprendre, je ne peux pas anticiper. Et, si j'ai l'impression de ne rien contrôler, je ne peux pas me lancer dans cette guerre.
Et pourtant, en amour plus que tout autre, prendre des risques est la clé. Il se le répétait sans cesse.
« Quand on prend des risques, on peut perdre. Quand on n'en prend pas, on perd toujours. »
Je ne veux pas perdre. Je dois prendre des risques. Mais des risques mesurés. Je dois me contrôler. Elle n'est pas prête.
Ses réflexions furent interrompues par des cris stridents. Ces cris étaient vraiment très proches, de lui.
Deux semaines auparavant.
- Elle a enfin accepté !
- Pour te dire la vérité, j'ai bien cru qu'elle ne l'aurait jamais accepté.
- Personne, ne te résiste arrête.
- Elle est différente. Je... Je crois que je suis...
- Oh ! Pardon.
- Temari. Bonjour, je te présente mon meilleur ami, Choji. Il ne travaille pas ici, mais traîne souvent dans les parages, alors autant vous présentez.
- Je m'excuse de vous avoir interrompu. Shikamaru, je peux te parler un moment.
- Oh... Oui. Choji, on se voit à midi. Tu ne me fais pas une de tes dernières créations, un plat simple, s'il te plait.
- Très bien. Mais, si tu essayais mes nouveaux desserts.
- On verra.
- Temari, je serais content si tu accompagnais Shikamaru me voir au restaurant, un de ces quatre.
- Je ne sais pas. Merci pour l'invitation en tout cas. Contente de t'avoir rencontrée.
Choji hocha de la tête et laissa les deux collègues travailler.
- Tu voulais me parler, demanda Shikamaru en brisant le silence.
- Je n'ai pas accepté, ça !
Elle était visiblement contrariée. Que se passait-il ?
- Je ne comprends pas le malaise.
- Tu ne comprends pas ?! Je vais donc mettre les limites, tout de suite. Je ne suis en aucun cas ta petite-amie, fiancée, ou je ne sais quel nom encore...
- Je le sais bien, Temari.
- Bien, alors pourquoi toute l'entreprise me traite comme une profiteuse ?
- Laisse-leur du temps. Pour moi aussi, ce n'est pas facile, tu sais.
- Oh, je t'en prie. Ne me sors pas les violons avec tes histoires du fils du patron.
- ...
- Je... Je ne voulais pas dire, ça. Pardon. J'ai cru que tu prenais plaisir à me mettre dans une position délicate dans l'entreprise. Et, ce que tu as dit de moi, à ton ami, je... Oh, Shikamaru ! Je ne suis pas prête pour ça. Je ne peux pas l'entendre.
- Mais, je...
- NON. Ne me dis pas « Je t'aime » ! Ne me dis pas « Je suis sincère » ! Je ne suis vraiment pas prête pour ça.
- Temari, je ne sais pas encore si j'éprouve tout ça. Mais, je sais que tu es très importante pour moi. Alors, que fait-on ?
Il n'était pas sûr ?! Ces mots. Elle aurait dû les désirer, les chérir. Etre soulagée au moment même où ils ont été prononcés.
Et pourtant. Son c½ur semblait s'être déchiré, en cet instant.
Elle semblait si fragile, en cet instant. Elle était encore plus belle. Non, elle l'était toujours. Il était juste de moins en moins capable de refouler ses sentiments.
Mais par quel enchantement lui, le désintéressé avait-il succombé à ces courbes, ces bouclettes, ce visage, ces expressions du visage, toujours, toujours plus craquantes les unes que les autres ?
Il la prise dans ses bras. Sans y réfléchir. C'était naturel. Un réflex. Une envie.
Elle sortit de son étreinte calmement, pour ne pas le froisser. A moins que ce ne soit, à contre c½ur. Elle aussi avait envie de ce contact.
- Je crois qu'on devrait essayer d'être amis.
Aïe ! Le mot était lâché.
Et, tout comme les mots de Shikamaru avaient déchiré le c½ur de Temari, l'annonce de cette dernière avait dévasté le c½ur du jeune homme.
- Comprends-moi. Je n'ai jamais laissé quelqu'un être si proche de moi, encore moins un homme. Je tiens à toi. Sois patient.
« Sois patient. » « Je tiens à toi. »
Il revivait.
L'impitoyable Temari jouait avec son c½ur. Le prenant, le jetant, le brisant, le réanimant.
Il était fou.
Jamais, il n'avait connu de tels tourments.
Malgré la douleur. Malgré l'incompréhension.
Il devait être maso. Il en devenait accro.
Plus il était dérouté, plus il était attiré. Plus, elle le rejetait, plus il était près à se jeter à ses pieds.
Heureusement, qu'elle n'en était pas consciente.
- Viendras-tu avec moi ?
- Pardon ?!
- Ce midi. Choji est un apprenti cuisinier. Il est vraiment très doué. Et, il t'a invitée.
- Mais...
- En ami ?
Il n'allait pas se laisser abattre plus longtemps. Elle voulait d'un ami. Très bien.
En tant qu'ami. Il en serait le plus proche possible. En espérant bien, provoquer des sentiments plus forts.
- C'est d'accord.
Oh, mon dieu. Comment en était-elle arrivée là ? En quelques jours, elle l'avait suivi dans son équipe, et devenait son amie...
Son amie ?! Elle.
Elle ne pouvait plus rien y faire. Surtout que c'était elle, qui avait proposée une amitié. Mais, que lui est-il passé par la tête.
Comment pouvait-elle avoir songé à devenir amie, avec cet homme.
Une semaine plus tard.
Shikamaru et Temari entretenaient une relation amicale très fusionnelle. Ils ne se séparaient jamais. Si bien que Temari avait totalement oublié ce que pouvait dire ses anciennes collègues, ou même les nouveaux. Pour la simple et bonne raison, qu'elle n'avait de contact qu'avec Shikamaru.
Ils avaient construits leur cocon. Et travaillaient, exclusivement qu'à deux.
Personne ne pouvait s'en plaindre, ils étaient les meilleurs.
Beaucoup pensèrent au début que Temari jouissait des savoirs de Shikamaru. Et que celui-ci était si amoureux, qu'il ne revendiquait pas ses découvertes en son propre nom.
Cependant, un jour que Shikamaru était introuvable et que Temari tenait magnifiquement bien tous les projets en cours toute seule à la direction de l'équipe. Elle ne s'en rendit pas compte, mais toute l'équipe et l'entreprise reconnu son talent, et dès lors la respecta.
A la réapparition de Shikamaru, il annonça à Temari qu'ils devaient faire un voyage d'affaire tous les deux, ce week end.
- Tu as osé lui faire un coup dans le dos ?
- Choji, tu ne comprends rien. Je n'ai pas le choix. Rien n'évolue ici.
- Si elle l'apprenait, tu passerais bien plus qu'un sale quart d'heure.
- Je ne peux plus rester là, à ne rien faire ! Tu comprends. Je suis en train de devenir dingue. Je la vois tous les jours, tu m'entends ! TOUS LES JOURS ! Elle est là, devant moi. Constamment belle, intelligente. Et je l'aime ! Sans pouvoir lui dire. J'aimerai pouvoir lui laisser du temps. Mais j'en deviens fou.
- Mon pauvre. Tu m'as l'air bien atteint.
- Oui. Je suis raide dingue de cette femme.
- Et donc, quel est ton plan ?
- Déjà, je l'emmène dans son village natal, et...
- Mais, tu es fou ! Tu dis toi-même que lui faire parler de son enfance est impossible.
- Je sais mais...
- Je ne donne pas cher de ta carcasse.
- Oui. J'ai peur de la perdre.
Le week-end arriva. Les deux collègues se rejoignirent à la gare. Aucun d'entre eux n'avait mentionnait la destination, le village natal de Temari. Bien que tous deux le savaient parfaitement.
Ils partaient le vendredi après-midi, pour être fin prêts pour leur rendez-vous du lendemain.
Le voyage se passa bien. Ils parlèrent boulot, et exposèrent leur présentation pour le lendemain.
Arrivés à l'hôtel, chacun rejoins sa chambre, côte à côte. Les chambres avaient une porte communicante. Shikamaru avait alors dit, qu'il dormait peu et répondrait à la demoiselle si elle n'arrivait pas à dormir, et voulait par exemple parler boulot.
Ils dinèrent et allèrent se coucher.
Rien. Il n'avait rien tenté. Il devait se reprendre.
Proposer une ballade sous le coucher de soleil ?!
Il frappa à la porte communicante. Elle ouvrit en déshabillé, les cheveux lâchés et humides.
Mon dieu ! Comment y résister ?
- Je... Veux-tu m'accompagner voir le coucher de soleil dans les champs ?
- Oui. J'adorerai. Cela me manque beaucoup en ville. Tu me laisses mettre quelque chose.
- Bien sûr. Je t'attends dehors.
Pourquoi devait-elle être si naturelle, spontanée, si fraîche et rafraichissante. Elle était parfaite.
Il était troublé.
- Voilà.
- Tu es très belle.
- Merci.
Elle prenait bien son compliment. Il était surpris et soulagé. Peut-être que ce voyage était une bonne idée, après tout. Elle semblait radieuse et enjouée.
Quasiment irrésistible.
- C'est magnifique !
- Je suis bien d'accord.
- Mais, ne me regardes pas comme ça. Regarde plutôt le coucher de soleil.
- Oui. Mais tu es magnifique. C'est dur de regarder autre chose.
Qui de l'un ou de l'autre avait fait le premier geste ? Il n'empêche qu'ils regardaient le coucher de soleil main dans la main.
Ils rentrèrent ainsi amicalement, amoureusement... ?!
Après quelques discussions sans réel intérêt, comme pour retarder le moment de se quitter, chacun regagna sa chambre d'hôtel.
- NOOOOOOOOOOOOOOON !!! Ne t'en va pas ! Ne me quitte pas. Je te l'interdis. NOOOOOOOOOOOOOOON !!!
Il arriva en trombe. Il venait de forcer la porte communicante.
Il était torse nu et les cheveux lâches. Un pantalon pour seul vêtement. Il rejoignit le lit.
- Chut ! Je suis là. Tout va bien. Chut. Ne pleure plus.
- Papa ?!
- Non. C'est Shikamaru. Tu as fait un cauchemar. Voilà, c'est rien.
- Shikamaru. Mon père... Il m'a sauvé la vie. On était tous souffrants. Ma mère puis mon père, n'ont pas survécus. Il m'a donné tous les médicaments restants. Il a donné sa vie, pour sauver la mienne.
- Chut. Temari, calme-toi.
- Il est trop bête. Il n'aurait pas dû. Je ne voulais pas !
- Il a fait ce qu'il a pu. Temari... Tu dois lui pardonner, ok ? Tu dois lui pardonner pour t'avoir abandonné. Il a fait ce qu'il a pu. Il voulait que tu vives.
- C'était si dur. Sans lui. Sans personne.
- Je suis là.
Ils restèrent ainsi un long moment, peut-être quelques heures. Temari blottit contre le torse musculeux et rassurant de Shikamaru. Comme, elle l'avait toujours été.
Et, elle comprit. Elle comprit que là, était sa place. Dans ses bras.
Cela a toujours été le cas. Elle avait beau le nier. Elle l'avait su dès la première fois où elle avait touché ce corps, et s'était réconfortée dans celui-ci.
- Shikamaru. Je crois que je pourrai tomber amoureuse de toi.
- Et, tu sais dans combien de temps ?! Ahaha. Je sais. Je serai patient. Mais laisse-moi te tenir dans mes bras aussi longtemps que possible, le plus souvent possible. Oh, Temari. Je sais que je n'en ai pas le droit mais il faut que tu l'entendes. Je t'aime. Je t'aime tellement. C'est si dur, de n'être qu'un ami.
- Alors, on va essayer d'être plus. Mais pas à pas.
Il était bien. Il était chaud. Son c½ur battait à tout rompre. Il l'avait... Sa réponse.
Fin du chapitre.
Hina.
Voilà le dernier chapitre. Toujours écrit en un jet.
C'est encore à l'état de carcasse, je dirai.
Je prévois une réécriture des trois chapitres et des bonus.
Alors, si cela vous a plu, on se retrouvera pour les bonus.
A bientôt.

